Blogue

Le temps des « sacres »

Le temps des « sacres »
28 février 2019

Quand la formidable et sympathique équipe (c’est ok?) d’Explore Vaudreuil-Soulanges m’a proposé de produire un texte sur le temps des sucres, je me suis exclamé “Oh, oui! J’ai tellement de beaux souvenirs à raconter. Wow, wow, wow, merci!”. C’est faux!

Je ne déteste pas le temps des sucres à proprement parler, mais il va demeurer synonyme d’un souvenir douloureux pour moi pour le restant de mes jours. Voici mon histoire tirée d’un fait vécu.

Il y a quelques années, mon frère, mon lecteur le plus fidèle et intéressé, décide de nous faire voir du pays. Il me convainc donc d’apporter fiston dans une obscure cabane à sucre sur la Rive-Nord. Je dois dire que je n’aime pas faire de la route, surtout lorsque l’on trouve les meilleures cabanes à sucre dans Vaudreuil-Soulanges. C’est un premier irritant, mais je décide de mettre un demi-sourire dans mon visage.

En arrivant, mes pires suspicions semblent vouloir se concrétiser. Je ne dis rien. Non, c’est très faux. Je crois avoir commencé à me plaindre en ouvrant ma porte de voiture. Ça fait partie de mon charme, semble-t-il. Devant le restaurant, il y a une espèce de vieux manège ; un genre de petite montagne russe qui a la shakette comme ce n’est pas permis. En plus, la structure est rouillée à peu près comme une Mazda3 2005 qui n’a pas appartenue à un curé.

Pour les amateurs d’animaux, il y a même une jolie fermette. Qui ne rêve pas de marcher dans un sentier plein de bouette pour aller voir un âne et une oie blasés ? Hein, qui ? Je me souviendrai toujours de la petite cabane au bout du sentier. J’ouvre la porte dans l’espoir de voir des lapins, ou quelconque animal cute. Quelle ne fut pas ma surprise de tomber face à face avec un lama qui ne voulait vraiment pas me voir. Son attitude m’a rappelé celle de mon père la fois où j’ai ouvert la porte de la salle de bain (qu’il avait oublié de verrouiller) pendant qu’il faisait un numéro 2. J’ai refermé la porte à peu près aussi vite dans les 2 cas.

Le repas

Je suis quelqu’un de ponctuel et je déteste attendre, surtout quand j’ai faim. Les gestionnaires de la cabane à sucre avaient toutefois eu la bonne idée de s’inspirer des cliniques médicales pour la prise de rendez-vous. Une histoire de succès. En gros, ils ont donné une réservation à environ 200 personnes à midi. Résultat des courses : on a pris place à l’intérieur vers 14 h. Pour nous faire patienter, ils ont installé un beau chapiteau où s’entassent tous les gens qui ont réservé pour midi. Une belle expérience à vivre avec une centaine d’enfants affamés qui courent partout. En prime, certaines sections du toit du chapiteau étaient fendues laissant l’eau de la fonte de la neige nous tomber dessus.

Du gros fun ! Un peu comme se frapper sur la tête avec un marteau.

On entre. Enfin. J’ai faim. Trop faim. Tellement faim que je mange quelque chose que je n’aime pas particulièrement. Une oreille de crisse. Je la croque goulument. J’ai appris cette journée que ce petit morceau de lard trop cuit a des meilleurs mécanismes de défense que je croyais. Malgré tous les documentaires que j’ai vus, je n’avais jamais entendu parler de ça.

Elle me fend une dent. Pas n’importe laquelle, une molaire. La plus grosse dent chez les humains. Fendue en deux. Par une christie d’oreille de crisse. RIP ma molaire inférieure.

Ma bouche se remplit de sang et de quelques blasphèmes bien sentis (c’est le lien avec mon titre). Dans ma famille, la compassion est notre principale qualité. J’ai eu droit à une belle démonstration alors que mon frère riait de moi.

J’ai voulu partir, mais je me suis souvenu de tout le trouble que je m’étais donné pour manger de la soupe aux pois. J’ai donc passé à travers tous les services avec un goût quelque peu amer dans la bouche.

Encore aujourd’hui, plusieurs années plus tard, mon frère ne prend aucune responsabilité de ces fâcheux incidents. En vérité, je ne lui en veux pas. Bon, peut-être un brin ! Je me dis seulement que j’aurais dû tenir mon point et aller dans une cabane à sucre dans Vaudreuil-Soulanges. Tout ça ne serait jamais arrivé ! C’est d’ailleurs ce que je ferai cette année!

C’est un peu ça, la sagesse!

Découvrez les cabanes à sucres de Vaudreuil-Soulanges.

Christopher C. Jacques

Christopher C. Jacques

Rédacteur dans la région depuis quelques années, Christopher est un véritable touche-à-tout; il peut même écrire sur le maquillage. Nerd sur les bords, il apporte son grain de sel à l'offre touristique dans Vaudreuil-Soulanges!

Vos coups de coeur

Connectez-vous pour créer votre espace et conserver tous vos favoris au même endroit.

Vous êtes connecté! Vos coups de coeur